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Paris Romantique (1815-1848)

Maia / 30.07.2019
Petit Palais / Wikimedia Commons
Petit Palais / Wikimedia Commons

Deux expositions nous invitent, cet été, à faire une promenade dans un Paris romantique, celle du Petit Palais (22.05 – 15 .09) et celle du Musée de la Vie romantique.


Commençons par une véritable plongée dans l’ambiance de l’époque, juste après la chute de Napoléon, grâce à la mise en scène du Petit Palais. Paris devient alors une capitale internationale où se refugient des artistes exilés, Rossini, Mickiewicz, Chopin, Liszt, Meyerbeer, Heine, Alexandre de Humboldt… Nous sommes surpris de constater que le Luxembourg, d’après Victor Hugo, fait toujours partie des faubourgs. Certains tableaux témoignent des frontières de la ville : Montmartre n’est qu’une campagne embellie de moulins à vent. Les boulevards se peuplent d’étrangers. N’est-ce pas alors que des Russes ivres et assoiffés criant « bistro ! » ont donné ainsi un nom aux cafés et aux bars ?

Petit Palais na Exposition Universelle w 1900 roku / Wikimedia Commons

On affiche le faste partout, dans les rues et dans les palais. Le palais des Tuileries agonisera vers la fin du siècle (1871) dans un incendie. Pour l’instant, les salons de la duchesse du Barry impressionnent par leur décor. Meubles, argenterie, porcelaine, tout sera méprisé par le peuple en colère, le temps de la révolution de 1848. Mais pour l’instant, le duc d’Orléans est fier de son service à dessert provenant de la manufacture royale de Sèvres, Louis Philippe et sa famille s’immortalisent en portraits, on donne des banquets et des bals dans la Salle du spectacle des Tuileries, les aristocrates exhibent leurs atours brodés. Les citoyens, quant à eux, se distraient dans des passages couverts (l’exposition nous plonge dans une mise en scène en trompe-l’œil) où, dans les vitrines des boutiques, ils trouvent une multitude d’objets artisanaux et des joyaux d’industrie moderne : faïences, verreries, cristaux, horloges, chapeaux, bronzes, pendules, foulards, cannes. Nous nous étonnons devant un soulier de satin très petit. Les femmes avaient-elles jadis les pieds aussi minuscules que les Chinoises ? Les cafés et les restaurants grouillent de monde, surtout au Palais Royal, car là se trouvait le centre le plus animé de la capitale. Aujourd’hui nous n’y rencontrons que des touristes. Plus d’artifices miroitant parmi les boutiques quelque peu défraichies. Imaginons ce lieu avec une belle limonadière de rue, la galerie riche en articles de luxe où Chopin venait s’acheter des parfums et des savons, des joueurs et des prostituées fardées qui recevaient dans les étages. Les Grands Boulevards attirent de plus en plus de passants. Le Salon du Louvre est un événement incontournable pour tout artiste ambitieux, malgré son caractère hétéroclite, avec des œuvres de Géricault et de Delacroix en premier lieu à côté de nombreuses sculptures et de scènes de genre. Tenez ! On n’y oublie même pas la Pologne ! Horace Vernet la représente en Prométhée, soldat attaqué par un aigle sur sa poitrine ensanglantée. Notre-Dame de Paris trouve un bel hommage dans une salle emplie de maquettes et de gravures qui témoignent d’une mode pour le style gothique dans les salons. Elle nous semble familière, comme décoiffée, sans sa flèche (ajoutée par Viollet-le-Duc à la fin du XIXe siècle). A peine sortis des salons aristocratiques, nous nous mêlons au peuple dans les rues : grisettes, vendeuses de fleurs, écrivains, peintres, mendiants, étudiants. L’heure viendra où la capitale sera à eux. Pour l’instant, un artiste peut se refugier dans son cher quartier de la Nouvelle Athènes. Chopin y joue dans son salon aux fenêtres ouvertes sans être importuné par le bruit des Grands Boulevards. Au Petit Palais, son portrait est accroché à côté de celui de George Sand. Dans les vitrines, ses manuscrits soigneusement calligraphiés. Enfin, l’heure arrive où les Grands Boulevards deviennent une scène appartenant aux révolutionnaires. Ceux-ci semblent quitter les théâtres où ils se sont inspirés de scènes de crime, tant le sang des mélodrames se déverse sur scène. Sauf que maintenant, il y a de vrais cadavres. Nous sommes en 1848. La monarchie de Juillet tombe, on pille les Tuileries, un gamin de rue – gavroche– devient un héros, immortalisé par Victor Hugo et Daumier dans ses caricatures. Néanmoins avant ce temps dramatique, on brassait de nouvelles idées dans les salons littéraires où des célébrités se côtoyaient : Musset, Alfred de Vigny, Théophile Gautier, Balzac, George Sand. (Cette période est présentée par le Musée de la Vie romantique.) Victor Hugo y a fait sa révolution à lui avec sa pièce « Hernani ». L’art et la poésie ont été débattus avec la même ardeur que l’actualité politique dans le salon de Delphine de Girardin, de Juliette Récamier.

Qu’il est bon de quitter un Paris estival envahi par les touristes et de plonger dans un décor ancien…rafraichissant !

Musée de la Vie romantique / Wikimedia Commons